Qu’est-ce qui a motivé cette machination ?

Un article paru le 2 septembre 2016 sur un des principaux sites d’information de la région d’Irkoutsk http://newsbabr.com/?IDE=149042 laisse entrevoir les véritables raisons politiques de la machination.
Il développe la thèse selon laquelle les Alliances françaises seraient des officines du renseignement français, Yoann Barbereau serait un espion doublé d’un pervers, facteur d’influence néfaste et de déstabilisation. On trouve dans l’article toute la rhétorique propagandiste en vogue au Kremlin (la « Gayropa », l’Europe Gay et décadente, prônant une pédophilie décomplexée, tenterait d’instiller sa perversion morale en Russie, et Yoann Barbereau serait un de ses agents !). L’article est illustré d’un montage photographique, sur lequel on voit le drapeau de l’Europe, un doigt accusateur pointé en direction du portait de Yoann, et une mention en russe : « L’illusion de la civilisation ». Nous sommes replongés des années en arrière, en pleine guerre froide, guerre des civilisations… exactement l’inverse de ce que Yoann portait à Irkoutsk.

Le lecteur ne s’y trompe pas, cet article porte la marque des véritables commanditaires de la machination contre Yoann Barbereau. Il sonne comme un avertissement et une justification de la condamnation à venir.

Nous traduisons ici les meilleures passages de cet article :

L’auteur résume brièvement l’affaire puis il écrit :
« Soyons logique. Le déploiement d’actions publiques pour la défense du citoyen français coûte beaucoup d’argent. Il a fallu payer payer des journalistes (sic !), un site internet, des conférences de presse, la création d’un film sentimental […] Tout cela coûte cher… et la famille française de Yoann n’a manifestement pas les ressources pour financer une campagne de plus d’un an et demi. »

« Mais où travaillait-il, et que faisait-il en Russie ? Cela devient intéressant… Yoann Barbereau travaillait pour l’organisation prétendument éducative « Alliance française » […] »

« Le gouvernement français dépense des sommes importantes pour cela […] et autour de cette organisation gravitent des hommes d’affaire, des enseignants, des politiciens… »

« Le lecteur a compris ce qu’est « l’Alliance Française ». C’est une couverture idéale pour mener des activités de renseignement dans le pays. Faut-il rappeler que le président Vladimir Poutine a servi comme agent de renseignement, sous couvert de la Maison de la culture soviétique en RDA ?
Il a ainsi apporté la culture soviétique au peuple allemand, sans oublier sa mission première. »

L’auteur rappelle ensuite qu’une organisation britannique similaire, le « Bristish council », a été fermée en 2008 par le gouvernement, pour stopper l’action des services spéciaux britanniques.

« Tout est clair. La campagne de défense de Barbereau et des personnes qui réclament justice est une action de l’Etat français pour sauver un agent en difficulté. L’Etat a clairement payé les avocats et la fuite de sa femme russe en Europe… »

L’auteur veut ensuite examiner « l’aspect moral de la question ».
Il ironise sur « les moeurs des cavernes » des Russes qui ne peuvent pas comprendre « la tradition européenne » qui consiste à être nu en photo avec ses enfants. Il poursuit en parlant des valeurs progressistes et libérales de l’Occident et cite un parti politique aux Pays-Bas qui voudrait légaliser la pédophilie…

Il conclut en écrivant : « Par bonheur, la Russie marche sur une toute autre voie, et tous ces cris de la société libérale ne disent rien d’autre que ceci : la direction de notre État est juste. Tous nos services d’ordre sont prêts à lutter contre ces visiteurs pédophiles, malgré les coulées de boue que viennent déverser les hommes de main des « démocraties occidentales » […] Nous avons l’espoir que nous n’arriverons jamais à ce niveau d’abomination morale, qui est aujourd’hui considéré normal en Europe ».

Des journalistes achetés, un espion français comparé à Poutine, érigé en symbole de l’Europe décadente… Tout cela ferait rire si ce n’était aussi sinistre. Et tellement révélateur de ce qui a motivé l’emprisonnement de Yoann.

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