Audiences du 24 août au 2 septembre 2016

Ces audiences du 24 août au 2 septembre ont permis à la défense de démonter une partie de l’accusation et surtout de dénoncer la machination.

  1. La preuve a été apportée, à partir de la géolocalisation de son téléphone, que Yoann ne pouvait être physiquement l’auteur d’un des faits reprochés : la mise en ligne de photos pornographiques et d’un film sur le site pour jeunes parents www.38mama.ru.

  1. A partir des réponses du fournisseur d’accès Internet, la défense a prouvé que deux individus, dont les identités ont été dévoilées, étaient intervenus sur la connexion de Yoann Barbereau le 5 décembre 2014, afin d’en modifier les paramètres et dans le but évident de la pirater. Ces individus fuient actuellement la justice et aucun des deux n’a répondu à la demande de comparution.

  1. En s’appuyant sur les expertises techniques, la défense accuse le comité d’enquête d’avoir dissimulé des informations et d’avoir fabriqué des éléments à charge. Par exemple, d’après les données techniques, un disque externe placé sous scellé le 11 février 2015 a été manipulé en dehors de toute procédure légale le 12 février 2015. C’est précisément sur ce disque qu’un film pédopornographique a été retrouvé lors d’une expertise réalisée quelques mois plus tard.

Ces éléments ne permettent pas d’être optimistes. Si la machination est aujourd’hui évidente, la volonté politique d’aboutir à une condamnation l’est tout autant. Pour les avocats de Yoann Barbereau et plusieurs sources locales, le FSB d’Irkoutsk est sans aucun doute à la manœuvre et tire les ficelles en coulisse.

Ne pouvant plus aisément demander une condamnation sur la base des éléments présentés, le procureur a déposé une requête exigeant de refaire une partie de l’enquête. Cette requête a été satisfaite par les juges, le procès est donc provisoirement suspendu en l’attente notamment d’une nouvelle expertise qui sera réalisée sur un élément de preuve apporté par le témoin à l’origine de l’affaire (la dentiste) au mois de décembre 2015, soit un an après le début de l’enquête. Ce disque doit être expertisé à Moscou (NB : Irkoutsk se trouve à plus de 5 000 kms de la capitale russe). Etant données les circonstances, on peut craindre que ces manœuvres visent à fabriquer les éléments à charge qui manquent au dossier après les démonstrations de la défense.

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